Le Rôle Crucial des Expansions Myofasciales en Thérapie Manuelle

Introduction

En tant que thérapeute manuel spécialisé en fasciathérapie, je souhaite partager avec vous l’importance fondamentale des expansions myofasciales dans le domaine de la thérapie manuelle.

Les expansions myofasciales sont des connexions complexes entre les muscles squelettiques, les tendons et le fascia aponévrotique qui jouent un rôle essentiel dans la compréhension de la structure et de la fonction du fascia.

Dans cet article, nous explorerons en détail le rôle de ces expansions, leur impact sur la thérapie manuelle, et comment elles influencent la coordination musculaire, la perception du mouvement, et la transmission de la tension musculaire.

La Structure des Expansions Myofasciales

Les expansions myofasciales sont des connexions anatomiques qui prennent leur origine soit depuis un muscle squelettique, soit depuis son tendon, lequel s’insère dans le fascia aponévrotique.

L’une des expansions les plus connues est le lacertus fibrosus, une aponévrose issue du tendon du biceps brachial qui fusionne avec le fascia antébrachial. Ces expansions, autrefois considérées comme des variations anatomiques, ont été révélées comme étant présentes de manière constante et organisées de manière précise.

Les expansions myofasciales

Le Rôle des Expansions Myofasciales

Le rôle exact des expansions myofasciales a longtemps été méconnu, mais des chercheurs ont commencé à explorer leur fonction.

Eames et al. (2007) ont suggéré que ces expansions avaient un rôle dans la stabilisation des tendons, réduisant ainsi les mouvements excessifs au niveau de leurs insertions osseuses. Luigi Stecco (1990) a quant à lui avancé l’idée que ces expansions permettaient un étirement sélectif du fascia pendant le mouvement.

Coordination Musculaire et Perception du Mouvement

Lorsque les muscles se contractent, ils ne mobilisent pas seulement les os, mais ils étirent également le fascia profond grâce à ces expansions. Cela crée un étirement sélectif et répétitif de portions spécifiques du fascia profond, ce qui stimule l’alignement des fibres de collagène le long de ces lignes de force.

Marshall (2001) a évoqué la possibilité de créer une cartographie des épaississements du fascia profond pour illustrer comment les insertions myofasciales s’attachent aux fascias et reflètent précisément les forces générées par l’action musculaire dans le fascia profond.

Transmission de la Tension Musculaire

Les expansions myofasciales jouent un rôle crucial dans la transmission de la tension musculaire à travers le fascia aponévrotique. Le fascia peut percevoir l’étirement provoqué par le muscle grâce à ces expansions et transmettre cette information à distance. Cela signifie que les muscles distaux sont informés de l’état de contraction des muscles proximaux, probablement grâce à l’activation des faisceaux neuromusculaires.

Par exemple, lors du mouvement vers l’avant du membre supérieur, la contraction des fibres claviculaires du muscle grand pectoral étire la région antérieure du fascia brachial grâce à son expansion myofasciale.

En même temps, la contraction du muscle biceps étire la région antérieure du fascia antébrachial par le biais du lacertus fibrosus. Cette séquence de tension se propage à travers différents muscles, assurant une continuité anatomique entre eux.

Coordination Musculaire et Synchronisation des Mouvements

L’association des expansions myofasciales souligne la coordination périphérique entre les muscles impliqués dans un mouvement donné et la perception de la direction motrice. Cette organisation suggère que les fascias aponévrotiques peuvent servir de courroie de transmission entre les articulations adjacentes et les groupes musculaires synergiques.

Par exemple, des études ont montré que lors de l’accroupissement, les angles de la hanche, du genou et de la cheville maintiennent une constante réciproque, ce qui pourrait être coordonné par le fascia aponévrotique.

Le Fascia Aponévrotique comme Transmetteur de Tension

En considérant l’ensemble des expansions myofasciales présentes dans les fascias, on peut conclure que le fascia aponévrotique agit comme un grand tendon plat qui reçoit la traction de muscles associés. Par exemple, le fascia lata est formé par la convergence des expansions myofasciales de nombreux muscles, notamment le muscle grand fessier. Le muscle tenseur du fascia lata se prolonge avec la bandelette ilio-tibiale, servant de renfort latéral au fascia lata.

Les muscles obliques interne et externe s’insèrent partiellement dans le ligament inguinal, puis se prolongent dans les fascias latae homo et controlatéraux. Les tendons formant la patte d’oie renforcent le fascia profond de la région médiale du genou et de la jambe.

Conclusion

Ces connexions complexes jouent un rôle central dans la coordination musculaire, la perception du mouvement, et la transmission de la tension musculaire. En comprenant mieux ces mécanismes, nous pouvons optimiser nos approches thérapeutiques pour aider nos patients à retrouver leur bien-être et leur mobilité. La fasciathérapie devient ainsi une discipline de plus en plus pertinente pour améliorer la santé musculaire et articulaire.

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2 commentaires

  1. Une question : La fasciathérapie entrera-t’elle un jour dans les dans les soins courants nomenclaturés ?
    Merci de votre attention.
    DUPUY Jean-Pierre

    1. Bonjour Jean-Pierre,
      La question de la reconnaissance et du remboursement de la fasciathérapie par les systèmes de santé est complexe et varie considérablement d’un pays à l’autre. Actuellement, en France, la fasciathérapie n’est pas remboursée par la Sécurité sociale, bien qu’elle puisse être partiellement prise en charge par certaines assurances santé complémentaires. En comparaison, certains pays, comme la Suisse, ont une approche plus intégrative des médecines complémentaires. bien que la fasciathérapie ne soit pas encore remboursée en France, les avancées dans la recherche scientifique et les démarches institutionnelles pourraient un jour permettre son intégration dans les soins courants et son remboursement par la Sécurité sociale, comme c’est déjà le cas en Suisse pour certaines thérapies complémentaires.

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