Après une fracture du poignet, une entorse de la cheville ou une opération, la douleur devrait diminuer. Parfois, elle fait l’inverse : elle s’intensifie, la zone gonfle, change de couleur, devient chaude puis raide. C’est l’algodystrophie, aujourd’hui appelée syndrome douloureux régional complexe (SDRC). Elle est longue et déroutante, mais son évolution est le plus souvent favorable. Voici comment la reconnaître, comment elle se prend en charge, et la place d’un toucher très doux, en complément du suivi médical.
Sommaire
Qu’est-ce que l’algodystrophie ?
L’algodystrophie est un syndrome douloureux régional complexe : une douleur persistante, disproportionnée par rapport à sa cause, localisée à une région du corps (le plus souvent une main, un poignet, un pied ou une cheville), accompagnée de troubles de la circulation, de la peau et de la mobilité (MSD Manuals). On distingue le type 1, de loin le plus fréquent, sans lésion d’un nerf, et le type 2, qui survient après l’atteinte d’un nerf.
Les causes de l’algodystrophie
- une fracture, en particulier du poignet, ou un plâtre et une immobilisation prolongée ;
- une entorse, surtout de la cheville ;
- une chirurgie (main, pied, genou, épaule) ;
- plus rarement, un accident vasculaire, un infarctus, ou aucune cause retrouvée.
Le mécanisme n’est pas entièrement compris : le système nerveux semble « s’emballer » après le traumatisme, avec une inflammation locale et une sensibilité de la douleur qui reste élevée.
Les symptômes de l’algodystrophie et ses deux phases
On décrit classiquement une phase chaude, puis une phase froide, mais elles ne se succèdent pas toujours et leur durée varie beaucoup :
| Phase | Ce qu’on observe |
|---|---|
| Phase chaude (inflammatoire) | Douleur intense, brûlure, gonflement (œdème), peau rouge, chaude, parfois luisante ou moite ; douleur au moindre contact. |
| Phase froide (dystrophique) | La douleur diminue souvent, mais la peau devient pâle ou bleutée, froide ; les articulations s’enraidissent, la mobilité diminue. |
Les douleurs sont souvent décrites comme des brûlures ou des élancements. D’autres symptômes sont fréquents : une sensibilité extrême au toucher ou au froid (allodynie), une peau et des ongles qui changent, une faiblesse, une sensation que la main ou le pied « n’appartient plus » tout à fait au corps.
L’avis du praticien
« Avec une algodystrophie, la première règle est de ne jamais réveiller la douleur. Il m’arrive de commencer très loin de la zone touchée : l’épaule pour une main, le genou pour un pied, la respiration, le dos. Peu à peu, quand le corps sent qu’on ne lui fera pas mal, il accepte qu’on se rapproche. C’est un travail de patience et de confiance. »
Nicolas Luc Levé · fasciathérapeute MDB, Paris 6e & 10e
Le diagnostic
Le diagnostic de l’algodystrophie est clinique : à l’examen, le médecin s’appuie sur la douleur et les signes observés (gonflement, couleur, température, sueurs, raideur), selon des critères internationaux (dits de Budapest). Une radiographie, une scintigraphie osseuse ou une IRM peuvent l’aider, surtout pour écarter une autre cause : infection, phlébite, fracture passée inaperçue.
Consultez rapidement si, après un traumatisme (fracture, entorse) ou une opération, les douleurs augmentent au lieu de diminuer, si la zone gonfle, change de couleur ou de température, ou si le plâtre devient douloureux. Une prise en charge précoce améliore l’évolution. Une jambe gonflée, chaude et douloureuse doit aussi faire penser à une phlébite : consultez sans attendre.
Le traitement de l’algodystrophie
Il n’existe pas de traitement unique. La prise en charge est globale et adaptée à chaque phase (Revue médicale de Liège, 2023) :
- une rééducation douce, avec un kinésithérapeute ou un ergothérapeute, en respectant la règle de la non-douleur : mobiliser sans jamais forcer ;
- des techniques de désensibilisation (textures, températures), la thérapie miroir ou l’imagerie motrice, qui « rééduquent » la façon dont le cerveau perçoit le membre ;
- des médicaments contre les douleurs, adaptés par le médecin selon les symptômes ; certains traitements (bisphosphonates, corticoïdes en phase inflammatoire) sont réservés à des cas précis ;
- dans les formes résistantes, une prise en charge en centre de la douleur ;
- un accompagnement psychologique, car vivre avec une douleur qui dure épuise.
Une douleur qui dure depuis votre fracture ou votre opération ?
Entretien téléphonique gratuit de 30 minutes
Combien de temps dure une algodystrophie ?
L’évolution de l’algodystrophie est souvent longue, de quelques mois à un ou deux ans (parfois 18 à 24 mois), mais elle est favorable chez la majorité des patients, surtout quand la prise en charge commence tôt. Une raideur peut persister dans certains cas. Rester actif, dans la limite de la douleur, et garder le membre dans le mouvement de la vie quotidienne fait partie du traitement.
Ce que la fasciathérapie peut apporter
La fasciathérapie MDB ne traite pas l’algodystrophie. Avec l’accord de votre médecin, et en complément de la rééducation, son toucher très lent et très léger peut aider le corps à moins se protéger : on commence souvent à distance de la zone douloureuse, puis on s’en approche progressivement, toujours en dessous du seuil de douleur. Beaucoup de personnes y trouvent un apaisement et une meilleure tolérance au contact.

Combien de séances ?
En général 3 à 5 séances pour commencer, puis selon l’évolution, en lien avec votre médecin et votre kinésithérapeute.
À retenir
- L’algodystrophie (SDRC) est une douleur disproportionnée qui suit souvent une fracture, une entorse ou une opération.
- Elle associe douleur, gonflement, troubles de la peau et raideur, en phase chaude puis froide.
- Le traitement est global : rééducation sans douleur, médicaments adaptés, accompagnement.
- L’évolution est longue mais favorable chez la majorité des patients, surtout si la prise en charge est précoce.
À lire aussi
Pour aller plus loin : quand la douleur s’installe, ce que les fascias y changent.
Vos questions
L’algodystrophie peut-elle toucher la cheville ou le pied ?
Oui, souvent après une entorse ou une fracture de la cheville : le pied gonfle, devient douloureux et raide, et l’appui est difficile. La prise en charge est la même : rééducation douce, sans douleur, et suivi médical.
Existe-t-il un nouveau traitement contre l’algodystrophie ?
La recherche avance : bisphosphonates dans certaines formes, thérapie miroir, imagerie motrice graduée, prise en charge en centre de la douleur. Aucun traitement miracle n’existe ; c’est l’association des approches et la précocité qui comptent.
L’algodystrophie est-elle reconnue en affection de longue durée ?
Elle ne figure pas dans la liste des affections de longue durée, mais une prise en charge à 100 % peut être demandée par le médecin dans les formes sévères et prolongées. Le taux d’invalidité, lui, est évalué au cas par cas.
Peut-on masser une algodystrophie ?
Pas comme un massage classique : tout geste qui réveille la douleur est à éviter. Un toucher très léger, progressif, à distance de la zone au début, peut en revanche aider, avec l’accord du médecin.
Combien de temps dure une algodystrophie ?
De quelques mois à un ou deux ans le plus souvent, avec une évolution favorable chez la majorité des patients.
Recevoir · fasciathérapie MDB
Un toucher qui respecte vos limites
Je vous reçois dans mes cabinets de Paris 6e et Paris 10e, en complément de votre suivi médical et de votre rééducation. Parlons-en d’abord, gratuitement, au téléphone.