On l’accuse du mal de dos, des hanches raides, du ventre noué, et même de « stocker les émotions » : le psoas est sans doute le muscle le plus célèbre… et le plus mal compris. C’est un muscle profond, qui relie la colonne vertébrale à la cuisse en passant derrière le ventre. Voici ce qu’il fait vraiment, les signes d’un psoas tendu, les idées reçues à laisser de côté, et comment le détendre en douceur.
Sommaire
- Anatomie du psoas : où se trouve ce muscle et à quoi sert-il ?
- Psoas tendu ou douloureux : quels symptômes ?
- Pourquoi le psoas se raidit
- Trois idées reçues sur le psoas
- Psoas et stress : ce qu’on observe au cabinet
- Quand consulter un médecin ?
- Comment détendre le psoas en douceur
- Ce que la fasciathérapie et le Chi Nei Tsang peuvent apporter
- Vos questions
Anatomie du psoas : où se trouve ce muscle et à quoi sert-il ?
Le grand psoas naît sur les côtés des vertèbres lombaires (et de la dernière vertèbre dorsale), descend devant le bassin, passe dans le pli de l’aine et se termine par un tendon sur un petit relief du fémur, le petit trochanter. Il y rejoint le muscle iliaque, qui tapisse l’intérieur du bassin et s’attache au même trochanter : ensemble, ils forment l’ilio-psoas, autrefois appelé psoas-iliaque. Environ une personne sur deux possède aussi un petit psoas, plus fin et sans grand rôle.
Ses fonctions
- Assurer la flexion de la hanche (la flexion de la cuisse) : rapprocher la cuisse du ventre pour marcher, monter les escaliers, courir, se relever ;
- stabiliser la colonne lombaire et le tronc, en position debout comme en position assise ;
- participer à l’équilibre du bassin, avec les muscles du dos et des abdominaux.
Un voisinage étonnant
Le psoas est un muscle profond : il est situé derrière les intestins, à côté des reins, et ses fibres hautes côtoient le diaphragme, le grand muscle de la respiration. Les nerfs du plexus lombaire, dont le nerf fémoral (ou crural), le traversent avant de descendre dans la jambe. Ses enveloppes de fascia se prolongent vers celles du bas du dos et du bassin. C’est ce voisinage, bien visible sur une planche d’anatomie, qui explique qu’on lui prête tant de choses.

Psoas tendu ou douloureux : quels symptômes ?
Ce muscle tendu ne fait pas toujours mal. Quand il est en cause, on retrouve souvent :
- une douleur dans le bas du dos (zone lombaire), parfois d’un seul côté ;
- une gêne dans le pli de l’aine ou à l’avant de la hanche ;
- une difficulté à se redresser après une longue position assise ;
- une sensation de hanche raide en marchant, ou en montant les escaliers ;
- une douleur à la flexion de la hanche, quand on lève la jambe tendue ou qu’on ramène le genou vers la poitrine.
Ces signes ne sont pas spécifiques : une douleur lombaire ou de hanche peut avoir beaucoup d’autres origines. Une tendinite (une atteinte du tendon) du psoas existe aussi, notamment chez les sportifs ou après une prothèse de hanche ; elle relève d’un diagnostic médical.
Pourquoi le psoas se raidit
- La position assise prolongée : hanche fléchie des heures durant, le muscle s’habitue à travailler raccourci ;
- le sport répétitif (course, vélo, football, danse) sans récupération ni variété ;
- une posture qui bascule le bassin en avant (hyperlordose), ou au contraire un dos qui s’enroule ;
- le stress, qui met le corps en posture de protection et bloque la respiration ;
- une douleur ailleurs (dos, hanche, genou) qui pousse le corps à se protéger en se crispant.
L’avis du praticien
« Quand je pose les mains sur le ventre d’une personne stressée, je sens souvent un psoas en garde : comme si le corps se préparait à fuir ou à se protéger. Ce n’est pas un muscle « malade », c’est un muscle qui n’ose plus lâcher. Le relâchement vient rarement en tirant dessus ; il vient quand la respiration et le ventre retrouvent de la sécurité. »
Nicolas Luc Levé · fasciathérapeute MDB, Paris 6e & 10e
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Trois idées reçues sur le psoas
« Le psoas est responsable de la moitié des lombalgies »
C’est une affirmation que l’on lit souvent, mais elle n’est pas démontrée. Une revue de la littérature publiée en 2017 n’a pas trouvé de lien clair entre la taille du psoas et le mal de dos ; le psoas réagit plutôt aux problèmes du dos qu’il ne les provoque. Il participe à la douleur lombaire, parfois, mais il n’en est pas « le » coupable. Pour comprendre le bas du dos dans son ensemble, lisez aussi notre article sur le fascia thoraco-lombaire.
« Le psoas est le muscle de l’âme, il stocke les émotions »
C’est une belle image, popularisée par plusieurs approches corporelles, mais ce n’est pas un fait scientifique : un muscle ne garde pas un souvenir. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que le stress modifie la respiration et la posture, et que le psoas fait partie des muscles qui se contractent quand on se met en protection. Relâcher le corps aide souvent à se sentir plus apaisé, et inversement.
« Un psoas tendu, il faut l’étirer tous les jours »
Pas forcément. Un psoas raide est souvent un psoas fatigué de protéger, pas un muscle trop court. L’étirer en force peut même l’inciter à se contracter davantage. Le bouger, le renforcer en douceur et varier les positions est souvent plus utile qu’un étirement intense.
Psoas et stress : ce qu’on observe au cabinet
Le psoas et le diaphragme sont voisins et liés par leurs fascias. Quand la respiration reste haute et rapide, le ventre se ferme, le bassin se crispe, et ce muscle profond suit le mouvement. À l’inverse, une respiration lente qui descend dans le ventre aide tout le tronc à se détendre.
Pour comprendre ce mécanisme de détente, lisez notre article sur le système parasympathique, le versant « repos » du système nerveux.
Quand consulter un médecin ?
Consultez rapidement si la douleur de l’aine ou du bas du dos s’accompagne de fièvre, apparaît après une chute, vous réveille la nuit, descend dans la jambe avec des fourmillements ou une perte de force, ou si vous avez des troubles urinaires ou digestifs nouveaux. Ces signes doivent faire chercher une autre cause : infection, problème de hanche, de rein ou de nerf.
Comment détendre le psoas en douceur
Ces exercices simples visent le relâchement, pas la performance. Faites-les lentement, en respirant, sans douleur.
- Le repos constructif : allongé sur le dos, genoux fléchis, pieds à plat écartés de la largeur du bassin, bras le long du corps. Laissez le dos se poser au sol et respirez dans le ventre pendant 5 à 10 minutes. C’est la position la plus simple pour laisser le psoas lâcher.
- La bascule du bassin : dans la même position, enroulez doucement le bassin pour plaquer le bas du dos, puis relâchez. 10 fois, très lentement.
- La fente basse douce : un genou au sol (sur un coussin), l’autre pied devant. Avancez légèrement le bassin jusqu’à sentir l’avant de la hanche s’ouvrir, à l’inverse de la flexion. 30 secondes de chaque côté, sans cambrer.
- Le genou vers le ciel : debout, appuyé à un mur, montez lentement un genou jusqu’à ce que la cuisse soit parallèle au sol, puis redescendez. 10 fois de chaque côté, pour redonner de la force au muscle.
- La marche : le psoas travaille à chaque pas. Marcher régulièrement, et se lever toutes les heures quand on travaille assis, reste le meilleur entretien.

Le psoas et le bas du dos sont au programme d’un prochain atelier en ligne :
Atelier en ligne · Le bas du dos
Dimanche 17 janvier 2027, 15 h – 18 h · 3 h de mouvement somatique sur le bas du dos · replay inclus · 49 €
Ce que la fasciathérapie et le Chi Nei Tsang peuvent apporter
Ce muscle est trop profond pour être « massé » directement sans précaution. La fasciathérapie MDB l’aborde de façon indirecte et très douce : par le bassin, le ventre, le diaphragme et les fascias du bas du dos, en suivant ce que le corps accepte de relâcher.
Le Chi Nei Tsang, massage traditionnel du ventre, permet lui aussi d’approcher le psoas à travers l’abdomen, avec des gestes lents et enveloppants. Ces approches ne remplacent pas un avis médical ; elles accompagnent la détente du tronc et de la respiration.

Combien de séances ?
En général, 3 à 5 séances, espacées d’une à deux semaines, avec les exercices ci-dessus entre les séances. Nous faisons le point à chaque fois.
À retenir
- Le psoas relie la colonne lombaire au fémur : il fléchit la hanche et stabilise le tronc.
- Il peut participer au mal de dos ou à la gêne de l’aine, mais il n’est pas « responsable de la moitié des lombalgies ».
- Le stress, la position assise et le manque de mouvement le crispent ; la respiration, la marche et le mouvement doux l’aident à lâcher.
- Fièvre, douleur nocturne ou fourmillements dans la jambe doivent faire consulter.
Pour aller plus loin : fasciathérapie et douleurs chroniques, zone par zone.
Vos questions
La marche est-elle bonne pour le psoas ?
Oui. Le psoas travaille à chaque pas pour avancer la jambe. Une marche régulière, à votre rythme, l’entretient bien mieux que de longues heures assis. Si la marche déclenche une douleur de l’aine, parlez-en à votre médecin.
Quelle émotion est liée au psoas ?
Aucune émotion n’est « stockée » dans un muscle. Mais le stress et la peur mettent le corps en protection, et le psoas fait partie des muscles qui se contractent alors. Apaiser le système nerveux aide souvent le psoas à se détendre.
Faut-il étirer ou renforcer le psoas ?
Les deux peuvent être utiles, en douceur. Un psoas raide est souvent fatigué plutôt que trop court : bouger, renforcer progressivement et limiter la position assise prolongée sont souvent plus efficaces qu’un étirement forcé.
Le psoas peut-il donner une sciatique ?
Le psoas est traversé par des nerfs du plexus lombaire, mais la sciatique vient le plus souvent d’une racine nerveuse irritée au niveau des vertèbres. Une douleur qui descend dans la jambe doit être vue par un médecin. Le Retour du Yogi détaille ce lien dans un article sur la sciatique sans hernie.
Un psoas tendu peut-il gêner la digestion ?
Le psoas est voisin des intestins, et beaucoup de personnes sentent leur ventre se détendre quand le bassin se relâche. Mais un trouble digestif nouveau ou persistant doit d’abord être examiné par un médecin, sans l’attribuer trop vite au psoas.
Recevoir · fasciathérapie & Chi Nei Tsang
Laisser le psoas lâcher prise
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