Fasciathérapie ou ostéopathie : quelles différences, que choisir ?

Les deux travaillent avec les mains et s’intéressent aux fascias, mais ni de la même façon ni avec le même cadre. Les différences entre fasciathérapie et ostéopathie, et comment choisir selon votre situation.

Sur Google, quand on cherche « fasciathérapie ou ostéopathie », ce sont surtout des ostéopathes qui répondent. Voici le point de vue d’un fasciathérapeute, aussi honnête que possible. Les deux approches ne s’opposent pas : elles ont des points communs, des différences réelles, et chacune a sa place selon votre situation.

Sommaire
  1. Ce que les deux approches ont en commun
  2. L’ostéopathie : une approche structurelle
  3. La fasciathérapie : une approche par le toucher lent
  4. Les fascias, au cœur des deux approches
  5. Les différences, point par point
  6. Pour quelles douleurs ?
  7. Quand consulter un ostéopathe ?
  8. Quand préférer la fasciathérapie ?
  9. Peut-on combiner les deux ?
  10. Et les autres approches des fascias ?
  11. Vos questions

Ce que les deux approches ont en commun

L’ostéopathie et la fasciathérapie sont des thérapies manuelles : le praticien soigne avec ses mains, sans médicament. Toutes deux ont une approche globale : une douleur au dos peut venir d’une tension ailleurs, et le corps est considéré comme un tout. Toutes deux s’intéressent aux fascias, ces tissus qui relient les muscles, les organes et les articulations.

L’ostéopathie : une approche structurelle

L’ostéopathie a été fondée aux États-Unis à la fin du XIXe siècle. L’ostéopathe cherche les pertes de mobilité des articulations, des tissus et des organes, et les corrige par différentes techniques : manipulations articulaires (parfois avec un petit craquement), techniques douces, techniques viscérales et fasciales.

En France, le titre d’ostéopathe est protégé depuis 2002 : la formation dure cinq ans dans une école agréée. La consultation n’est pas remboursée par l’Assurance maladie, mais beaucoup de mutuelles en remboursent une partie.

La fasciathérapie : une approche par le toucher lent

La fasciathérapie MDB a été développée dans les années 1980 par Danis Bois, lui-même kinésithérapeute et ostéopathe de formation. Le fasciathérapeute ne manipule pas : il pose ses mains et accompagne le mouvement interne des tissus, très lentement, jusqu’à ce que la tension se relâche. La séance associe souvent un travail sur la perception de son corps et sur le mouvement.

La fasciathérapie n’est pas reconnue par le ministère de la Santé et son titre n’est pas protégé. Elle n’est pas remboursée par l’Assurance maladie ; certaines mutuelles la prennent en charge. Pour en savoir plus : qu’est-ce que la fasciathérapie et qui est Danis Bois.

Toucher lent de fasciathérapie sur la nuque d'une patiente allongée

Les fascias, au cœur des deux approches

Les fascias sont des tissus conjonctifs qui enveloppent chaque muscle, chaque organe, chaque structure du corps, et les relient entre eux. Quand un fascia se raidit, il limite la mobilité des tissus voisins et peut entretenir des douleurs à distance. L’ostéopathe et le fasciathérapeute partent de ce même constat, mais ne le traitent pas de la même façon.

L’ostéopathe considère le fascia comme une structure parmi d’autres : os, articulations, organes. Il cherche la perte de mobilité et la corrige, parfois par un geste rapide. Le fasciathérapeute fait du fascia le cœur de son approche : il travaille sa souplesse, sa tension et son lien avec le système nerveux, par un toucher lent et maintenu. Pour une vue d’ensemble du réseau des fascias : le schéma des fascias.

Les différences, point par point

  • Le geste : l’ostéopathe peut manipuler les articulations ; le fasciathérapeute utilise uniquement un toucher lent, sans craquement.
  • Le rythme : une consultation d’ostéopathie dure souvent 45 minutes à 1 heure ; une séance de fasciathérapie, 1 heure à 1 h 15.
  • La place du patient : en fasciathérapie, on vous demande souvent ce que vous ressentez ; la séance inclut un travail de perception et de mouvement.
  • Le cadre légal : titre protégé et formation encadrée pour l’ostéopathie ; titre non protégé pour la fasciathérapie.
  • Le remboursement : aucun des deux par l’Assurance maladie ; l’ostéopathie est plus souvent couverte par les mutuelles.

Pour quelles douleurs ?

Les patients consultent l’un ou l’autre pour des douleurs très proches : dos, nuque, épaules, maux de tête de tension, douleurs liées au stress. Ce qui change, c’est la manière de traiter ces douleurs et le temps qu’on y consacre. Une douleur aiguë après un faux mouvement répond souvent bien à l’ostéopathie. Des douleurs chroniques, diffuses ou qui reviennent avec le stress demandent souvent un travail plus lent sur les tissus et sur la tension de fond du corps : c’est là que la fasciathérapie trouve sa place. Pour les douleurs de dos, voir la lombalgie ; pour la nuque, la cervicalgie.

Quand consulter un ostéopathe ?

L’ostéopathie est souvent indiquée pour un blocage articulaire récent (un dos ou une nuque bloqués), un problème mécanique précis, ou si vous aimez une approche structurelle et rapide. Elle est très répandue et facile d’accès.

Quand préférer la fasciathérapie ?

  • si vous redoutez les manipulations ou les craquements ;
  • pour des douleurs chroniques, diffuses, qui reviennent malgré les soins ;
  • quand le stress, la fatigue ou les émotions jouent un rôle dans vos tensions ;
  • si vous voulez mieux comprendre et sentir votre corps, pour agir aussi entre les séances ;
  • pour les personnes fragiles, âgées, ou les bébés et les enfants, grâce à un toucher très doux (voir la fasciathérapie pour les bébés et les enfants).

L’avis du praticien

« Je n’ai rien contre les ostéopathes, bien au contraire. Beaucoup de mes patients consultent les deux, à des moments différents. »

Nicolas Luc Levé · fasciathérapeute MDB, Paris 6e & 10e

Peut-on combiner les deux ?

Oui. Il est fréquent de consulter un ostéopathe pour un blocage précis, puis un fasciathérapeute pour un travail plus lent et plus global. Espacez simplement les séances de quinze jours à trois semaines, pour laisser au corps le temps d’intégrer chaque soin.

Et les autres approches des fascias ?

Le kinésithérapeute peut utiliser des techniques myofasciales dans une rééducation. Le massage des fascias, plus appuyé, vise le relâchement musculaire : voir le massage des fascias. Pour une douleur qui dure, le premier interlocuteur reste votre médecin.

Toucher lent de l'épaule et du bras en fasciathérapie

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Vos questions

Quelle est la différence entre fasciathérapie et ostéopathie ?

L’ostéopathie peut manipuler les articulations ; la fasciathérapie utilise uniquement un toucher lent sur les fascias, sans craquement, avec un travail de perception du corps.

Quel praticien travaille sur les fascias ?

Le fasciathérapeute en fait le cœur de sa pratique. L’ostéopathe et le kinésithérapeute utilisent aussi des techniques fasciales.

Qu’est-ce qui est mieux qu’un ostéopathe ?

Il n’y a pas de « mieux » : tout dépend de votre situation. Pour un blocage récent, l’ostéopathe ; pour une douleur chronique ou liée au stress, la fasciathérapie est souvent plus adaptée.

La fasciathérapie est-elle remboursée comme l’ostéopathie ?

Aucune des deux n’est remboursée par l’Assurance maladie. Les mutuelles couvrent plus souvent l’ostéopathie ; certaines couvrent la fasciathérapie.

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